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 Table des matières

Symptômes Asperger
et surdouement.




Notes

[1]  Voir l'excellent article de Jacques Bénesteau : L'admi- rable Bruno Bettelheim. Lien











































[2] Polymathique, du grec πολυμαθής, ayant appris en quantité. Se dit d'un individu ayant des connaissances approfondies et plurielles.

























11. Informer  •  Thémathèque

 11.1.a. Surdouement et Asperger 


Il est une tendance actuelle, notamment entretenue par Internet, chez les personnes surdouées détectées ou non, de s'auto-diagnos tiquer comme Asperger. Il serait bon de rappeller qu'un diagnostic ne peut être émis que par un professionnel averti par rapport à un tableau clinique bien spécifique : CIM-10 (Classification internationale des Maladies, 2006 (OMS) ou DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual - Revision 4, publié par l'association américaine de psychiatrie (1994).

L'origine de cette tendance est triple.
         D'une part, la complexité des profils des personnes surdouées comme des difficultés qu'elles peuvent éprouvent, surtout quand elles sont mal informées de leurs spécificités et des impacts qu'elles peuvent générer notamment sur les relations sociales.
        D'autre part, le tableau clinique de l'autisme, dont l'Asperger est une forme modéré, est complexe lui aussi, et trop souvent la personne oublie de considérer la gravité relative du trouble qui la gêne par rapport aux données autistiques. Par ailleurs, un seul sym  ptome ne suffit pas à identifier une pathologie, celle-ci en implique plusieurs et d'une sévérité manifeste.
            Enfin, la personne en attend un bénéfice substanciel : celui du handicap. Paradoxal qu'un plus (le surdouement) puisse muter en moins ? Pas tant que cela : le handicap, pense-t-elle, la dédouannera de tout effort d'adaptation : «Je n'y peut rien, puisque je suis handicapée !» Bénéfice également pour les parents et les enseignants pour la même raison. Solution de facilité, au moins provisoire, car elle n'arrangera pas la situation, bien au contraire.

Pour éviter pareille confusion, tentons de faire la part des choses, en mettant en parallèle les comprtements des surdoués et le tableau clinique de l'autisme. Car, si certains signes comportementaux peuvent laisser penser à un Asperger, les surdoués ne répondent que très rarement à l'ensemble du tableau clinique de cette pathologie. Un symptôme seul n'est pas suffisant.


Il est vrai que les personnes surdouées en présentant des tableaux cliniques complexes ne simplifient pas la pose d'un diagnostic par les professionnels non-spécialisés et encore moins par les individus eux-êmes. Il est vrai aussi que le tableau clinique d’Asperger est complexe, comme celui des troubles autistiques dont il fait partie.



 Symptômes Asperger et surdouement

Longtemps tenu pour une altération des liens mère-enfant (Bettelheim [1]), il s'agit en fait d'une altération, très vraisemblablement d'origine génétique, des liaisons neuronales, soit par absence ou déficit de liaisons, soit au contraire par une trop grande profusion de liaisons qui brouillerait la transmission de l'information. Détecté tôt, l'autisme est compensable par une éducation spécialisée, en raison de la plasticité cérébrale majeure pendant la prime enfance.
            Voir l'excellent document publié par France 5 : Planète autisme (2013).

 Pour y voir clair, il importe de s’en tenir au CIM-10 ou au DSM-IV, le syndrome autistique d'Asperger se définit par des troubles effectifs concomitants et permanents sur les trois secteurs suivants  :

A. Altération qualitative des interactions sociales sur au moins deux des éléments suivants :

1. altération marquée dans l'utilisation, pour réguler les interactions sociales, de comportements non verbaux multiples, tels que le contact oculaire, la mimique faciale, les postures corporelles, les gestes ;
—» Ceci est rarissime chez les personnes surdoués, ells décodent avec (im)pertinence et finesses les attitudes et les postures sociales ; en confiance : elles regardent bien en face, sauf sous stress intense.

2. incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau du développement ;
—» avec des personnes fonctionnant comme elles, c’est-à-dire de même niveau de développement (enfants) ou de capacités (adultes), la relation s'établit spontanément et rapidement. La facilité relationnelle est fonction de l'écart de capacités.

3. le sujet ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d'autres personnes (p. ex. il ne cherche pas à montrer, à désigner du doigt ou à apporter les objets qui l'intéressent) ;
—» en confiance et en complicité (entre surdoués) elles partagent volontiers, n'étant plus inhibées par la crainte d'être moquées rejettées ou insultées. Mais leurs centre d'intérêts décalés rend l'interaction parfois laborieuse, voire improbable.

4. manque de réciprocité sociale ou émotionnelle.
—» les personnes surdoués sont généralement empathiques (parfois trop), c'est bien là leur problème quand les autres ne le sont pas avec elles. De plus, elles sont rendues très réactives aux traitements inadaptés et peuvent donc masquer leur empathie si besoin pour se protéger.


B. Caractère restreint, répétitif et stéréotypé, des comportements, des intérêts et des activités, comme en témoigne au moins un des éléments suivants :

1. préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d'intérêt stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation ;
—» leurs intérêts sont encyclopédiques, polymathiques [2] ou plus sectorisés, l'intensité est grande, mais pas anormale, même dépassant "la norme". Elle est liée au foisonnement de leurs connections neuronales et à l'amplitude de leurs acquis.

2. adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels ;
—» si elles peuvent avoir des habitudes marquées, elles sont en général cohérentes (perfectionnisme), il s'agit très rarement de rituels et ils ne sont rarement inflexibles : un enfant buté ou en révolte face à un traitement inadapté retrouvera souplesse et fluidité de pensée dans une situation plus amène . Les TOC (Troubles obsessionnels compulsifs) éventuels n'apparaissent que sous stress important.

3. maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (p. ex. battements ou torsions des mains ou des doigts, mouvements complexes de tout le corps).
—» très rarement observé et seulement en situation de stress intense, avec retour à la normale le stress passé.


C. La perturbation entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel, ou dans d'autres domaines importants.
—» l'altération, quand elle existe, n'est liée qu'au stress, elle cesse dans une ambiance aménitaire. Par contre, si rien n'est mis en place pour diminuer le stress, la situation peut se chroniciser et effectivement virer à la pathologie. L’altération provient de la non-compréhension du milieu de leur différence de fonctionnement (exclusion, marginalisation, harcèlement) et de la non-compréhension par eux-mêmes de leur propre fonctionnement en rapport aux normes sociales établies (conformation).


En l'absence de troubles obligatoirement concomitants et permanents dans les trois  tableaux A, B et C, il n’ y a pas lieu de parler d’Asperger.  S'il peut exister des Asperger dotés de très hautes aptitudes (dits autistes-savants, notamment en calcul rapide et en capacités mémorielles), ils sont rares et la mise en exergue de quelques cas ne peut constituer une généralité. 
     Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas se préoccuper des troubles, mais qu’il vaudrait mieux s’interroger sur le caractère anxiogène du milieu parental, social ou scolaire.
        Un sujet en repli sur soi n'est pas un obligatoirement autiste, c'est un individu en système de défense contre un environnement hostile ; lorsque le milieu deviendra aménitaire : il partagera très volontiers ses passions, ses émotions (qu'il éprouvait, mais masquait), s'il a un centre d'intérêt majeur : sa curiosité restera ouverte à d'autres champs, il ne montrera ni rituels ni stéréotypies.

Le parcours des surdoués est déjà lourd, ne rajoutons pas un faux handicap pour les stigmatiser plus encore.


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