Sommaire

Mythothèque

Table des matières

Cerveau droit vs gauche
   • Origine
   • Aspect anatomique
   • Aspect fonctionnel
   • Que dit la neurologie ?



Notes























 [1] Instituts de recherche en santé du Canada. INSMT. Lien



11. Informer  •  Mythothèque

11.2.d.  Cerveau droit vs cerveau gauche


Il est très souvent fait mention, chez les personnes surdouées, d'une utilisation prépondérante d'un hémisphère cérébral au détriment de l'autre, personnes dites « neuro-droitières ». Outre l'aspect binaire très réducteur de cette thèse pour un organe aussi complexe, il y a lieu de se pencher sur les faits pour déterminer la pertinence d'une telle affirmation.


 Origine du mythe

S'il existe des droitiers et des gauchers, nous n'en utilisons pas moins nos deux mains en fonction des tâches à accomplir et de la situation. Il en est de même pour le cerveau. La partition du cerveau en deux hémisphères n'implique pas une partition exclusive du fonctionnement cérébral et encore moins une caractérisation du fonctionnement individuel.
        
Voir pour l'historique du mythe : Revue de littérature sur la différence hémisphérique de la Faculté de médecine de Toulouse.
 

 Aspect anatomique

Certes, sur le plan anatomique le cerveau est bien constitué de deux hémisphères. Naguère le droit était attribué à la pensée analogique et le gauche à l'analytique. Cette thèse reposait sur une cartographie du cerveau en aires distinctes, chacune étant allouée à une fonction bien définie. Aujourd'hui, cette carte est remise en question par les travaux scientifiques et notamment par les explorations IRM  :
1/ à la notion d'aires se substitue la notion de modules différents qui ne sont pas tous situés dans la même aire et s'avèrent en partie de localisation propre à chaque individu ;
2/ le fonctionnement cérébral est en grande part propre à chaque individu ;
3/ le cerveau évolue chaque jour : neurogénèse et plasticité cérébrale, la cartographie évolue de même ;
4/ les deux hémisphères sont en permanence interconnectés et interdépendants par le corps calleux qui assure le transfert des informations entre les deux hémisphères, ainsi que leur coordination.


 Aspect fonctionnel

Le mode de pensée, s'il peut y avoir une préférence entre analogique (cerveau droit) et analytique (cerveau gauche), n'est pas exclusif de l'un ou de l'autre et, comme tel, ne peut définir un type d'individu. Selon la situation, la même personne utilisera le mode le mieux approprié tantôt analogique plus rapide mais approximatif, tantôt analytique plus lent mais plus précis.


 Que dit la neurologie ?

« On entend aussi souvent dire que certaines personnes sont du type « hémisphère gauche », sous-entendant par là qu’elles ont un caractère analytique, logique et centrée sur les détails, alors que d’autres seraient du type « hémisphère droit », c’est-à-dire qu’elles auraient une pensée plus subjective, globale ou créative. Il est vrai que certaines de nos fonctions cérébrales sont latéralisées. L’hémisphère gauche étant par exemple plus impliqué dans le langage et le droit dans le traitement des informations visuospatiales. Or selon une étude publiée le 14 août 2013, dans la revue Plos One, cette seconde affirmation relèverait tout simplement du mythe.
       En effet, l’observation du cerveau au repos de 1011 individus avec une technique de résonance magnétique fonctionnelle permettant d’analyser la connectivité cérébrale n’a pas permis de voir une plus grande connectivité dans un hémisphère ou dans l’autre pour des individus donnés. L’étude montre donc clairement des réseaux de neurones indépendants qui sont latéralisés dans notre cerveau, mais aucune tendance chez des individus particuliers à démontrer une plus forte latéralisation globale de l’un ou l’autre des hémisphères en termes de connectivité cérébrale. »[1]

En complément, lire l'excellent article de Mathieu Grousson dans Sciences & Vie : Cerveau émotionnel, la fin du mythe (N° 1174, 2015). Loin de la cartographie cérébrale traditionnelle, les méta-analyses récentes (Tor Wagner : Cerveau des émotions in Scholarpedia) montrent que le traitement neurologique des émotions impacte l'ensemble du cerveau. Exit le mythe "cerveau droit vs cerveau gauche".

Une, deux, une, deux, pour défiler le 14 juillet, c'est adapté.  Pour penser : c'est indigent.