Sommaire

Table des matières

8. Accompagner
  8.1. La personne surdouée
  8.2. La famille
  8.3. Les enseignants
  8.4. La douistique

Notes
























[1] Télé-entretien : entretien réalisé par téléphone, ou en visio-conférence par Skype. 







8. Accompagner

8.1. La personne surdouée


Selon certains auteurs, l'intelligence résiderait dans la faculté d'adaptation, en conséquence : une personne très intelligente serait capable de s'adapter à toute situation. Hélas, il n'en est rien, vu le grand nombre d'enfants et d'adultes surdoués en grande difficulté : cognitives (souvent déclarées dys... par une lecture abusive des normes), émotionnelles et sociales. Ce mal-être fortement ressenti ne relève pas le plus souvent de la pathologie, mais de blocages constitués au fil du temps par la non-prise en compte de son surdouement par la personne elle-même et surtout par le milieu de vie.

Un test d'efficience intellectuelle ne suffit pas à lui-seul à résoudre l'ensemble des difficultés. S'il est, très souvent, indispen- sable, il n'est pas suffisant. Il est impératif que la personne surdouée comprenne ce qu'est le surdouement, le sien et non en général, et ses conséquences sur les plans cognitif, émotionnel et social. La non-compréhension ou la mal-compréhension de cet ensemble alimente la moulinette à fantasmes, générant des émotions négatives qui entrainent révolte contre soi et/ou contre les autres et désocialisation, sentiment d'impuissance et dépression, etc. Enfermées dans ces pensées récurrentes, il est alors difficile aux personnes surdouées de percevoir le chemin qui mène à une plus grande sérénité et de se mettre en route pour sortir du marasme où elles sont plongées. Il n'est pas étrange alors que plus de la moitié des personnes surdouées, selon notre étude SEIn100, aient une estime d'elles-mêmes et une image d'elles-mêmes déficitaires.

Seul, il est difficile de s'en sortir. La lecture de quelques livres ou documents ne peut remplacer un accompagnement individualisé le temps nécessaire à la résolution ou à la résorption des difficultés. Il s'agit alors de donner à la personne et à son entourage (enfants) les clés de la compréhension de son surdouement singulier et de son impact sur les différents plans, puis de l'accompagner à son rythme sur le chemin de la mise en œuvre des actions nécessaires.  

Un bon accompagnement de la personne surdouée passe donc par  :

1/ l'analyse fine de son test d'efficience intellectuelle (WPPSI, WISC ou WAIS), au travers des différentes notes standard obtenues et leurs liens entre elles et  avec l'anamnèse et non de la simple évocation d'un QIT ou des Indices, très souvent non-significatifs pour cause d'hétérogénéité du profil.

2/ la passation et l'analyse d'inventaires complémentaires (si nécessaire) pour affiner les choses selon les difficultés ressenties.

3/ la restitution des différente analyses en établissant les liens entre les mesures, son histoire et son environnement (familial, scolaire, professionnel...) pour permettre une large compréhension.

4/ une rassurance sur sa « normalité » et sur sa capacité à évoluer positivement, notamment socialement.

5/ l'élaboration de préconisations pertinentes en direction de la personne, mais aussi de son environnement (familial et scolaire).

6/ les médiations souvent indispensables (notamment avec l'institution scolaire).

7/ un travail sur les pensées récurrentes qui l'habitent et l'agissent, la gestion de ses émotions et des relations sociales.

8/ l'évaluation en cours et en fin d'accompagnement de l'évolution sur des inventaires spécifiques (SEI/IdS).

Cet accompagnement personnalisé se réalise sous forme d'entretiens ou télé-entretiens [1] adaptés à l'âge, à une fréquence et sur une durée variables selon les individus, l'ancienneté et l'amplitude des difficultés (de quelques séances à parfois quelques mois).

Un véritable accompagnement résulte tout autant d'une expérience plurielle de cette population, que d'une bonne connaissance de la personne surdouée, individu singulier, de son environnement particulier, des difficultés spécifiques qu'elle rencontre, comme de ses modes de résolution inadaptés aux problématiques posées. On ne peut se contenter de recettes-type, pourtant fort en vogue dans les médias, mais d'efficacité très illusoire.
        Il s'agit donc, dans une approche douisticienne de donner à la personne, enfant ou adulte, les outils indispensables pour qu'elle puisse, à son rythme, investir son identité propre et désinvestir ses idées récurrentes. Elle sera alors à même de pouvoir aborder les changements nécessaires et ainsi (re-)trouver une image d'elle-même conforme à ce qu'elle est et s'assurer une insertion relationnelle, sociale, professionnelle ou scolaire plus sereine et à la hauteur de ses hautes capacités.