Sommaire

Table des matières

8. Accompagner.
  8.1. La personne surdouée.
  8.2. La famille.
 
8.3. Les professionnels.
    8.3.1. Les enseignants
    8.3.2. Les psychologues

  8.4. La douistique.

Notes

[1] Étude enfants surdouésTNS/SOFRES, 2004. Extraits publiés avec l'autorisation  des auteurs.




















































































8. Accompagner

8.3.  Les professionnels


 8.3.1 Les enseignants

Cet accompagnement est plus complexe, car le poids institutionnel est lourd, les formations spécifiques académiques inexistantes ou mal ou peu étayées. Depuis La Déclaration de Salamanque (UNESCO, 1994) et La recommandation 1248 (Conseil de l'Europe, 1994), les choses ont commencé à bouger dans le bon sens, notamment quant à l'Éducation nationale. Cependant, les approximations, les dogmes idéologiques ont encore la vie dure (égalitarisme...) et il est vrai que les changements de paradigmes sont toujours laborieux et longs à descendre jusqu'à la base par peur du changement.

L’enseignant, comme substitut parental et tout aussi mal formé au surdouement, subit les mêmes affres, avec la même impuissance. Si les signes du surdouement peuvent apparaître très tôt, les vraies difficultés ne commencent très souvent qu'avec l'école. Selon l'étude TNS/SOFRES [1] : 81% des enfants surdoués y connaissent des phases difficiles (contre 18% de la population témoin) et les difficultés sont aussi précoces que les enfants, souvent dès la maternelle :

La détection précoce est essentielle dans la compréhension et donc le traitement des difficultés, mais seulement 35% des enfants  sont repérés avant 6 ans.

C'est donc bien dès la maternelle qu'élèves et enseignants sont confrontés aux difficultés d'adaptation. Le plus inquiétant c'est que cela s'amplifie au primaire et perdure jusqu'au collège. C'est là que le manque d'ajustement est le plus criant.
Ce ne peut être à l'enfant seul de s'adapter.

Sur les 50 sujets de notre étude WI4n50 (WISC IV), c'est seulement au primaire que s'effectue le plus gros des détections 64%. C'est bien tard et encore plus pour ceux qui attendront le collège, voire le lycée. Le marasme a donc le temps de bien s'installer  et n'en sera que plus ardu à traiter.
   
À défaut d'information, comment l'enseignant peut-il ajuster sa pédagogie ?
        Mais, informé, le veut-il réellement ?

Selon l'étude TNS et notre expé- rience est similaire, seuls 30% des enseignants dûment informés par les parents seront disposés à mo- difier leur approche, c'est peu!

Par contre, 36% ne feront rien : ne sachant que faire (On n'est pas formé) ou par immobilisme (J'ai
24 élèves dans ma classe, je ne peux faire de cours parti- culiers), comme si c'était la demande !

Plus grave, enfin, 30%
, par idéolo- gie égalitariste, par volonté norma- lisatrice renforceront les difficultés et, quand on connaît la forte réacti- vité de ce type d'enfants, on perçoit très bien les dégâts que cela peut occasionner sur le cursus scolaire et le bon développement de l'enfant.

Toujours selon l'enquête TNS/SOFRES, là aussi rejoignant notre expérience, malgré une formation supposée pédagogique et un temps de présence auprès de l'enfant considérable, ce ne sont que 11% des enseignants qui sont à l'origine de la demande de test, bien derrière  les professionnels de santé 15% (pédiatres, psychologues, médecins...)qui ne voient pourtant l'enfant que de façon sporadique.                     Quant aux institutions spécialisées dans le repérage et le traitement des troubles (CMPP et PMI), elles ne sont prescriptrices qu'à hauteur de 1% ! La demande émane donc des parents à 58%, alertés par le comportement de leur enfant, les conseils d'amis ou d'informations de presse.
        Tout aussi inquiétant, en termes de confiance dans l'aide institutionnelle, les tests sont réalisés à 77% par des psychologues libéraux, 10% par les associations et seulement à 5% par les psychologues scolaires et 5% par les CMPP, (autres 3%).
             Le malaise des enfants surdoués (S) est essentiellement pédagogique et d'amplitude majorée par rapport aux enfants-témoins (T) :
1/ contenus déjà connus : S 62% vs T 20%, écart : 40%.
2/ classe perturbée : S 48% vs T 36%, écart : 12%.
3/ enseignant pas intéressant : S 38% vs T 24%, écart : 14%.
4/ manque d'approfondissement : S 24% vs T 19%, écart : 5%.

Le saut de classe, qui est une des réponses possibles, solution légale et la plus facile à mettre en place, est refusé dans 54% des demandes initiales, pourtant dument argumentées, notamment sur la base du test.

Conséquences :
si 57% ont une année d'avance, 36% ont une scolarité standard et 5% un an de retard (2% de non-réponse).

La cause première de cet affligeant constat est le manque de formation des enseignants quant aux spécificités des enfants surdoués qui entraine donc des comportements pédagogiques basés sur des fausses représentations, une non-prise en compte ou une volonté de normalisation égalitariste.
      Toute demande de modification du cursus est prise par nombre d'enseignants (faute de formation) comme une remise en cause de leurs capacités pédagogique, crime de lèse-autorité. Aussi plutôt que de rechercher sereinement avec les parents la solution la mieux adaptée à l'enfant s'engagent-ils dans :
     - une ouverture de parapluie (réunion de l'arrière-banc pédagogique pour souvent ne rien décider),
     - le renvoi vers les dys... et différents spécialistes pour se  dégager toute responsabilité,
     - un conflit culpabilisateur avec la famille,
     - le déni des préconisations externes au sérail susceptibles d'apporter la solution.

Le plus souvent, le problème n'est pourtant pas tant l'inadaptation de l'enfant que celle de l'enseignant celle du cursus et des contenus en fonction des capacités de l'enfant.


La réponse passe par :
        1/ une information claire de la situation et des préconisations par une synthèse écrite ;
        2/ une rencontre possible (ou télérencontre) avec les enseignants concernés pour débattre de la situation et des modifications ;
        3/ une formation ciblée, pour les volontaires, développée en deux étapes incontournables et indissociables :
  1/ acquisition des connaissances basiques du surdouement, des méthodes et comportements appropriés (Voir : 9. Former) ;
  2/ soutien individuel ou collectif de l'enseignant dans une démarche de changement toujours difficile.


 8.3.2. Les psychologues

On pourrait s'attendre, de la part de ces professionnels, à une bonne prise en compte du sujet. Ce n'est hélas, pas toujours le cas que ce soit les psychologues institutionnels comme libéraux
   1/ nombre d'entre eux ne sont pas formés aux tests dont ils récusent la pertinence, pourtant prouvée scientifiquement ;
   2/ nombre de ceux qui sont formés aux test :
    - en ont une approche mécanique et simpliste des tests par connaissance insuffisante ;
    - ont une connaissance trop approximative des personnes surdouées  et de leur comportement au test ;
    - suivent, pour être dans l'air du temps, des thèses dont la notoriété ne fait pas la valeur scientifique (voir Mythes)  ;
    - ont tendance par méconnaissance de cette population à interpréter les résultats sous la moyenne comme des pathologies ;
    - omettent de faire des liens suffisant entre anamnèse et les épreuves du test, sans voir les contradictions apparues ;
    - enfin délivrent des préconisations inadaptées par méconnaissance du domaine.
   
La réponse passe par :
    - une formation ciblée sur cette population, la passation des tests, l'analyse et la restitution des résultats ;
    - une concertation sur les cas difficiles avec les professionnels mieux avertis ;
    - la connaissance  des outils complémentaires  (voir : Inventaires).

C'est ainsi que sont conçue les trois niveaux de formation acsis (Voir : 9. Former).